Le Québec...

Une odyssée de 1608 à 2000

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ou

La Conquête

    Ces années sont marquées par la Conquête et le début du régime anglais. La Conquête n’est pas l’histoire de quelques jours. En fait, des événement datant de plus d’un siècle   possèdent des liens avec elle. En 1632, Champlain déclare par le traité de Saint-Germain-en-Laye que la Nouvelle-France doit se développer rapidement pour la rendre moins vulnérable. En 1667, l’Angleterre, par le traité de Bréda, reconnaît l’Acadie comme française. En Europe, en 1689, la première guerre intercoloniale entre la France et l’Angleterre, appelée la ligue d’Augsbourg, éclate. En Amérique, les Anglais, dirigés par William Phipps tente une attaque contre la Nouvelle-France. Québec est assiégé à l’été 1690. Cependant, le nouveau Gouverneur Frontenac lance sa célèbre boutade : « Je vous répondrai par la bouche de mes canons ! ». La guerre se termine en 1697 par le traité de Ryswick, un traité statu quo ante bellum. Pendant ce temps, de 1641 à 1701 se déroulait les guerres iroquoises. C’est pendant ces guerres que les compagnies à monopole sont remplacées par le gouvernement royal et que la France envoie son régiment Carignan-Sallières pour mater les Iroquois. Ces guerres se terminent en 1701 par le traité de la Grande Paix de Montréal. Ce traité s’agissait en fait d’un cessez-le-feu où les Iroquois n’ont cédé aucun territoire. En 1701, une deuxième guerre intercoloniale, la succession d’Espagne, survient en Europe. L’Angleterre croit le moment propice pour s’emparer de la Nouvelle-France. Les Anglais envoient un navire amenant 12 000 soldats; il fait cependant naufrage. En 1713, la guerre se termine et la Nouvelle-France semble s’en tirer indemne, mais les traités sont signés en France. Le Roi décide de laisser de grands territoires aux Anglais au profit de certains avantages en Europe. Le Roi signe le traité d’Utrecht qui concède les régions de Terre-Neuve, de la Baie d’Hudson et de l’Acadie. La Nouvelle-France se retrouve encerclé par les Anglais, perd des territoires de chasse et de pêche importants et 5 000 colons français. De 1713 à 1740, la Nouvelle-France connaît une période de paix que l’on surnomme «la paix de trente ans».

    On profite de cette période pour fortifier le territoire. On érige plusieurs forts, dont le plus stratégique, le port de Louisbourg à l’entrée du fleuve St-Laurent. En 1740, la troisième guerre intercoloniale, la succession d’Autriche, éclate. Les Anglais détruisent Louisbourg. En 1748, on signe un traité statu quo ante bellum, le traité d’Aix-la-Chapelle. En 1755, on assiste à un événement signifiant l’approche de la bataille finale, la déportation des Acadiens. Le gouvernement d’Angleterre décide d’éliminer du territoire de la Nouvelle-Écosse tous les colons de descendance française susceptible de venir en aide aux colons de la Nouvelle-France. En 1756, la dernière guerre, Guerre de sept ans ou Guerre de la Conquête, débute. Sa conclusion est prévisible. La population de la Nouvelle-Angleterre se chiffre à environ 1 400 000 habitants, alors que celle de la Nouvelle-France n’est que de 64 500 habitants. L’armée anglaise compte six fois plus de membres que l’armée canadienne française, et la flotte de la Nouvelle-Angleterre est équipée de 400 navires contre seulement 75 pour la Nouvelle-France. Cependant, en 1758, les Canadiens français résistent, et Montcalm signe la victoire de Carillon. Toutes ces réjouissances ne durent qu’un très court laps de temps, puisqu'au début de 1759, les Canadiens français perdent Carillon, Niagara et Saint-Frédéric. En juin 1759, le siège de Québec débute. Québec résiste deux mois pour finalement voir les Anglais l’emporter durant la bataille des plaines d’Abraham. Ce combat dure moins d’un demi-heure et les deux généraux ennemis, Montcalm et Wolfe, périssent sur les champs. En 1760 se déroule la bataille de Ste-Foy. Le Gouverneur canadien Vaudreuil réussit à repousser les troupes, mais les Anglais envoient du renfort. Toute résistance est inutile, les Canadiens français capitulent donc à Trois-Rivières et à Montréal.

    De 1760 à 1763, les soldats anglais, notamment le général James Murray, administre la Nouvelle-France, c’est ce qu’on appelle le régime militaire. Ce régime se termine avec la traité de Paris signé en 1763. Dans ce dernier, la France lègue son territoire en Amérique à l’Angleterre, et celle-ci promet en échange d’accorder la liberté catholique aux habitants et de laisser partir ceux qui le voudront en toute sûreté dans les 18 prochains mois. Cette même année, le premier Gouverneur général anglais , James Murray, établit une première constitution, la Proclamation Royale. Le territoire réservé aux Canadiens français se nomme désormais Province of Quebec. Cette constitution rend les lois criminelles et civiles anglaises, ne reconnaît pas le régime seigneurial, abolit le poste d’évêque, interdit la dîme, et si un Canadien français veut occuper un poste important dans la société, il doit effectuer le serment du test (reniement de la foi catholique). Voyant le mécontentement des habitants majoritairement canadiens français, le général Murray décide de faire quelques compromis et d’adopter une attitude « french party ». Ainsi, il fonde un tribunal parallèle fonctionnant avec les lois civiles françaises, accepte la nomination d’un surintendant de l’Église catholique et encourage les dons à l’Église. Le deuxième Gouverneur général, Guy Carleton agit de la même manière.

    En 1774, on adopte une nouvelle constitution face aux pressions des Montrealers, colons anglais venus s’installer en Nouvelle-France après la Conquête. L’Acte de Québec est adopté dans le but d’amadouer les Canadiens français. Ainsi, cette constitution rétablit les lois civiles françaises, donc du même coup rend légal le régime seigneurial, les évêques et la dîme, abolit le serment du test et agrandit le territoire de la Province of Quebec autour des Grands Lacs. Cette ajout du territoire diminue la colère des colons anglais, puisqu’il représentent un importants territoire de chasse. En 1783, l’indépendance des États-Unis provoque une arrivée massive de Loyalistes, colons anglais fidèles à l’Angleterre. La proportion d’Anglais dans la Province of Quebec augmente de 10 %.

 

    Arrivés ici, les Loyalistes constatent la domination canadienne française et demandent au Gouverneur un changement de constitution en faveur de leur mode de vie. Le gouvernement change effectivement la constitution en 1791, sera-t-elle à l’avantage des canadiens français ou anglais ?

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