Le Québec...

Une odyssée de 1608 à 2000

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1960-2000

1867 à 1895

    Le début de la confédération se fait dans la controverse et le mécontentement de certains. Le Canada, voulant acquérir le plus grand nombre de terres possible en peu de temps, ne se soucie pas, ou à peu près pas, des peuples déjà établis sur ces terres. Il y a les Amérindiens à qui l’on fait signer des traités dans lesquels ils acceptent d’aller vivre sur des Réserves. Ceci n’a que très peu d’impact sur le Québec. Cependant, les Métis de la rivière Rouge, descendants de traiteurs blancs qui avaient colonisé la région du Manitoba, obtiennent l’appui du Québec dans leur confrontation avec le gouvernement fédéral. Ceci engendre les deux crises des Métis. Lors de la première, les Métis, ayant formé un gouvernement provisoire, sont dirigés par leur chef Louis Riel. Cette région habitée pas les Métis devient la province du Manitoba en 1870. Après maintes négociations avec Ottawa, cette province se voit accorder les mêmes distinctions qu’au Québec : écoles françaises et catholiques ainsi que le bilinguisme officiel. Ceci constitue ce qu’on appelle la Loi du Manitoba. Mais ces mesures ne sont pas respectées. Il n’en faut pas plus pour déclencher, au début des années 1880, la deuxième crise des Métis avec encore une fois Louis Riel à titre de chef. Québec donne à nouveau son appui aux Métis. Mais cette fois, le gouvernement fédéral de John A. Macdonald, bien établi et populaire, ne tient pas compte de l’appui du Québec. Il intente un procès contre Louis Riel qui se termine par la pendaison de ce dernier le 15 novembre 1885 à Regina.

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Louis Riel

    Cet événement obtient un impact important au Québec, notamment sur le plan politique. Premièrement, il faut des Canadiens français forts à Ottawa. Wilfrid Laurier devient le premier Premier ministre du Canada en 1896. Plus particulièrement au Québec, Honoré Mercier, chef libéral à compter de 1883, fonde le Parti national, premier parti nationaliste, constitué de libéraux et de conservateurs déçus de leur parti. Premier ministre de 1887 à 1891, Mercier en profite pour organiser la première conférence interprovinciale. Par cette conférence, il convaint les autres provinces du danger des pouvoirs du fédéral. Sur ce point, c’est l’Ontario qui intente un procès contre Ottawa pour limiter le pouvoir déclaratoire ainsi que le pouvoir de désaveu. On nomme ce procès: Hodge vs Queen. Le jugement est rendu en 1896 limitant Ottawa a pouvoir agir seulement si le geste appliqué touche positivement l'ensemble des provinces. On parle alors d’autonomie provinciale ou de décentralisation , une grande victoire pour le Québec.

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Honoré Mercier

    Pendant ce temps, l’économie se développe à un rythme fulgurant. La Politique Nationale obtient des effets bénéfiques sur le Québec. À Montréal une première phase d’industrialisation s’installe. Avec la découverte de l’énergie à vapeur fonctionnant au charbon, le nombre d’usines augmentent à un rythme exponentiel. Situées à Montréal, surtout le long du canal Lachine, ces usines sont divisées en deux types d’industries. On retrouve l’industrie lourde, cette dernière consacrée à la fabrication de chemin de fer et wagons, et l’industrie légère, dans laquelle on fabrique les biens utilisés par les citoyens : domaine de l’alimentation, du textile, de la chaussure, du tabac de la construction…etc. Cette croissance économique a cependant quelques impacts négatifs. Entres autres, il y a une urbanisation trop rapide de la ville de Montréal. Les logement surpeuplés et insalubres et le manque de services engendrent des conditions de vie plutôt difficile. Le taux de mortalité est à ce moment très élevé chez les jeunes enfants. Mais la vie s’organise tranquillement et on voit le progrès par le biais, notamment, de la construction d’un système d’aqueduc et d’un tramway électrique, en 1892. On remarque cependant une différence marquée entre les quartiers pauvres, composés d’ouvriers Canadiens français, et les quartiers riches, composés de Canadiens anglais, propriétaires et cadres d’usine. Les conditions de vie sont également difficiles à l’usine. Il n’existe pas de lois et le gouvernement refuse d’intervenir laissant le champ libre aux propriétaires. On assiste alors à la création des deux premiers syndicats qui étaient interdit avant 1872. Le Congrès des Métiers et du Travail au Canada (CMTC) syndicalise les ouvriers par métiers. L’Ordre des Chevaliers du Travail, lui, syndicalise par usine. À Ottawa, une Commission Royale d’enquête sur les relations entre le capital et le travail au Canada est entreprise. Résultat pour le Québec: la loi des manufactures. Cette loi établit l’âge minimum pour travailler à 12 ans pour les garçons et à 14 ans pour les filles. On réduit également le nombre d’heure de travail maximum à 72 heures pour les hommes et 60 heures pour les femmes et les enfants.

 

    Cette urbanisation provoque des demandes importantes en nourriture. Les vieilles terres sont très productives et surtout très rentables. Deux nouveaux produits dominent maintenant sur ces terres. Il s’agit des produit laitiers et des produits maraîchers. Cependant, ces terres deviennent de plus en plus surpeuplées, ce qui entraîne le départ de certains. Quelques-uns choisissent l’Ouest, d’autres la ville, mais la grande majorité de ces gens s'exile aux États-Unis, surtout en Nouvelle-Angleterre. Entre 1870 et 1900, près 500 000 habitants quittent le Québec.

 

    Avec les événements qui ont marqué cette période du temps: la pendaison de Louis Riel et l'urbanisation, il se développe au Québec un groupe ultramontain aux attitudes conservatrices. La religion occupe une place très importante au Québec en œuvrant dans le domaine scolaire et hospitalier. Le Québec posséde également dans ses rangs une armée de zouaves pour la défense du pape. Outre ceci, l’idéal des ultramontains se trouve dans les valeurs du passé. Le peuple canadien français doit être agriculteurs catholiques. C’est ainsi que certains tentent de coloniser de nouvelles terres, telles la Gaspésie, le Lac St-Jean, Charlevoix, les Pays-d’en-Haut…etc. Ces terres, pauvres et loin des marchés, sont très peu rentables. Pour compléter leur revenu, ces agriculteurs pratiquent le système agro-forestier qui consiste à devenir bûcheron l’hiver et revenir au printemps pour ensemencer ses terres.

    Bref, on remarque que l'assimiliation de l'Acte de l'Amérique du nord britannique s'est fait dans un contexte extrêmement rapide d'industrialisation. Cette vitesse à laquelle la société s'est habituée d'évoluer laisse présager un avenir délicat mais rempli de promesses.

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