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Le Québec... Une odyssée de 1608 à 2000 |
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1896-1930 ou La Belle Époque et les Années Folles La période 1896-1930 a été marquée par plusieurs événements intéressants. La plupart d'entres-eux, tel l'ajout de la majorité des nouvelles provinces et nouveaux territoires, affecte plus directement le Canada que le Québec. Tentons tout de même d'analyser l'impact des grands bouleversements qu'a suscité, par ailleurs, la 1re Guerre Mondiale durant cette période. Suite à la venue des colons blancs dans les Prairies et des différentes ententes intervenues entre les peuples qui y habitaient déjà et le gouvernement en place, les provinces de la Saskatchewan et de l'Alberta sont créés en 1905. Suivent en 1912 l'élargissement du Manitoba vers le nord et en 1927, la greffe labradorienne du Québec au profit de Terre-Neuve. À la suite de la Guerre des Boers (1899-1902), l'Empire britannique demande un soutien plus significatif à ses colonies. C'est ainsi que Wilfrid Laurier, alors Premier ministre du Canada, conscilie, comme il a l'habitude de le faire par ses politiques, le Canada anglais et français par la Loi Navale. En ces temps où l'économie se porte bien, on distingue de par le Québec et le Canada, quatres idéologies distinctes. Outre le nationalisme canadien de Laurier, on note l'impérialisme de Robert Borden. Ce Conservateur ayant l'appui du Canada anglais propose l'autonomie nationale par le rayonnement international. Signalons, par contre, qu'il a, à quelques reprises, fermé les yeux alors que l'étendue du français allait en dépréciant sur l'ensemble du territoire canadien, mis à part le Québec. Plus près de chez nous, Henri Bourassa, nationaliste canadien-français, tente, par diverses méthodes, telle la fondation de la Ligue Nationaliste canadienne, d'implanter au Canada une vision et un mode de vie bilingue et biculturel. Ces deux aspects devrait être ressentis plus fortement en éducation. La présence de Lionel Groulx est aussi à signaler. Ayant depuis quelques temps abandonné l'idée d'un Canada bilingue, il tente de mettre en valeur les bases de la vie inculquées par L'Église, jadis. Un «vrai» Canadien-français est, à son avis, catholique et agriculteur. Ce chanoîne suit la même ligne de pensée que les ultramontains. De plus, il se concentre de plus en plus vers le Québec.
Robert Borden Frappe soudainement, en 1914, une guerre qui allait devenir la 1re Guerre Mondiale. Aussi bizarre que cela puisse paraître, le Canada entier donne son appui aux Alliés. Immédiatement, la Loi des Mesures de Guerre est adoptée. La majorité des usines est transformée pour la production d'armes. Les manufactures oeuvrant dans le textile changent de cap et s'orientent vers la production de vêtements pour soldats. Le taux de chômage chute considérablement, mais l'inflation grimpe dangereusement. Ce dernier facteur amène pour conséquence la réduction sensible du pouvoir d'achat. L'enrôlement dans l'armée est volontaire. Cette façon de procéder, efficace vu le patriotisme canadien-anglais, s'essouffle vers 1917 et amène une mesure craint par les Canadiens français: la conscription. Elle est adoptée, sous Robert Borden, en 1917. Le Québec, alors la cible de nombreuses attaques des médias anglophones, réplique virulemment par la motion Francoeur. Cette dernière, bien qu'elle ne soit soumise au vote des députés, fait état d'un voeu de séparation du Québec de l'acte fédératif de 1867, si c'est ce que désire le Canada. 1896-1930 a aussi marqué, pour le Québec, l'arrivée d'une ère économiquement prospère. En ce sens, on note la venue de la 2e phase d'industrialisation. Il est important de spécifier qu'elle ne vient pas mettre un terme à la première. En effet, leur complémentarité est exemplaire et elle mène tout le Canada, particulièrement le Québec, vers des sommets plus qu'intéressants. Les capitaux, naguère sous le contrôle britannique, se retrouvent désormais dans des mains majoritairement américaines. Mentionnons, dans un autre ordre d'idée, l'apparition de l'hydroélectricité comme source d'énergie. Elle permet notamment l'essor de nouvelles compagnies qui s'installent près de la ressource. L'écho du progrès se faisant entendre en région, on assiste à un exode rural. En effet, le manque de terres fertiles et la forte possibilité d'emplois en ville font chuter la population rurale de plus de 30 %. Soulignons le fait que Montréal soit la 2e plus grande ville francophone au monde, derrière Paris. Toutefois, le portrait montréalais n'est pas aussi reluisant qu'on serait porté à la croire. Les inégalités sociales sont flagrantes entre les différentes classes. D'ailleurs, en 1914, la lait n'est pasteurisé que dans les quartiers anglophones. La situation est rétablie, en 1926 (12 ans plus tard!), par la Loi sur la Pasteurisation. Les réformes ont su, quant à eux, aider à la diminution du taux de mortalité infantile extrêmement élevé. Le travail est, de son côté, on ne peut plus incertain en ces années. Les mauvaises conditions, les mises à pied fréquentes et les salaires bas constituent les principaux facteurs causant cette décadence. Il existe un moyen, ce dernier étant utilisé par un peu moins de 15% des travailleurs, qui palie à ce manque à gagner: la syndicalisation. Aussi, le gouvernement, suite à une Commission Royale d'enquête, intervient dans le dossier et statue en faveur du milieu ouvrier. L'économie se portant bien et la population se tenant loin d'une crise sociale, les chefs politiques s'offrent une lutte afin de revendiquer ce succès, lequel ils ne sont qu'en partie responsable. Au Québec, le libéral F.-Gabriel Marchand prend les rennes en 1897. Ce parti demeurera au pouvoir pendant 40 ans. La pensée libérale dégage deux idées maîtresses. La première étant de favoriser la création d'emplois afin de stimuler l'économie; qui ne saurait le faire? L'autre consiste à moderniser les institutions. Bref, la période 1896-1930 a signifié pour le Québec un essor remarquable du côté économique. La Guerre, quoiqu'on en dise, a su rallier tout le monde au Canada, d'un océan à l'autre. Du côté politique, la tendance libérale laisse présager un changement important. L'océan prospère dans lequel le Québec navigue peut-il demeurer calme éternellement? |