Le Québec...

Une odyssée de 1608 à 2000

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1930-1945

    Cette période de l'histoire débutant en 1930 marque l'arrivée d'une ère économiquement difficile pour tous.  Les problèmes qui en ont découlé n'ont pas seulement touché le Québec, mais tout le monde occidental.

    Le tout débute par le fameux Krach boursier en octobre 1929.  La Crise qui, d'abord, touche l'agriculture s'étend pour affaiblir les domaines des ressources naturelles et des produits manufacturés.  Aussi, elle influence à la hausse les tarifs douaniers.  On peut affirmer que la période la plus difficile est traversée entre les années 1929-1933.  Ces 5 années qu'on qualifie de "période noire économique" sont particulièrement pénibles pour les Prairies.  Or, Montréal étant le principal port d'exportation vers l'Europe au Canada, la faible demande de blé touche durement tous les emplois reliés au domaine portuaire.

    De plus, le taux de chômage atteint 20% de la main-d'oeuvre et se chiffre à 11%.   La surproduction aux niveaux des pâtes et papiers et de l'exploitation forestière entraîne plusieurs faillites; les travailleurs en écopent. 

    Toutefois, le Québec peut compter sur quelques valeurs économiquement sûres.   En effet, l'or de l'Abitibi demeure très recherché.  Par contre, on ne peut en dire autant du secteur agricole.  La faible demande amène leur coût de production à se maintenir au-delà de leur revenu.  Malgré tout, la diversité de leur production leur permet de s'en tirer.

Schéma illustrant la dégringolade de l'économie en temps de Crise

Les entreprises produisent trop (surproduction)
Les entreprises se retrouvent avec des stocks invendus
Elles réduisent leur production
Il y a des mises à pied de travailleurs (chômage)
Le chômage entraîne une baisse des revenus dans la population
Les chômeurs réduisent leurs achats (baisse de la demande)

    Il est intéressant d'analyser l'impact de la Crise sur la famille québécoise.   En quoi les enjeux familiaux ont-ils été bouleversés?  Le gouvernement apportait-il une aide suffisante?

    Premièrement, il est aberrant de constater qu'en 1930, malgré les précédentes les Années Folles, aucune aide financière tels l'assurance-chômage ou le bien-être social ne sont disponibles pour les gens qui perdent leur emploi.  Il faut toutefois spécifier que la mentalité de l'époque aurait mal vu mal le gouvernement venir en aide à la population.   L'idéologie est ô combien différente de celle qui est prônée aujourd'hui.   Or, les familles doivent user, en plus de leur linge jusqu'à la corde, d'une ingéniosité débordante afin de soutirer le maximum d'un dollar en constante dépréciation. 

    Heureusement, des organismes comme la Saint-Vincent-de-Paul viennent en aide aux plus démunis en fournissant des paniers de provisions.  Aussi, les religieuses organisent des soupes populaires.  Indubitablement, on peut dire que l'Église a su aider la communauté au bon moment.

    C'est contre toute attente qu'en 1932, le secours direct, un programme visant à venir en aide aux chômeurs, est instauré.  Environ 62000 d'entre eux en profitent. Aussi, on met en chantier plusieurs travaux publics afin de stimuler l'emploi.  Outre ses 2 précédents moyens, on tente la colonisation des régions.  Malheureusement, la piètre expérience du milieu agricole et la pauvreté des sols de l'Abitibi ou de la Gaspésie conduisent ce projet vers un lamentable échec.

    Le «marasme capitaliste» entraîne la montée du communisme au Canada.   Toutefois, cet élan est freiné au Québec par les dirigeants politiques et l'Église.  La «Loi du Cadenas» est d'ailleurs adoptée en 1937, sous Maurice Duplessis. 

    Par la suite, on voit dans un mouvement pacifique et démocratique l'ascension d'un tout autre courant politique:  le socialisme.  Encore une fois, l'Église combat ce mouvement.

    Inutile de rappeler qu'au Québec, les tendances sont  plutôt nationaliste et évidemment catholique.  Bien que l'Union nationale, parti porté au pouvoir pour la première fois en 1936 avec comme chef Maurice Duplessis, dégage une pensée indépendantiste, le vote populaire de l'époque ne favorise guère la souveraineté.

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Maurice Duplessis

    La Crise amène chez les gouvernements une réflexion sur les enjeux à prioriser.   Conséquemment, dans le but de se préparer à une nouvelle crise, les différents paliers gouvernementaux créent de multiples organismes, telle la Banque du Canada.   De fait, ils tentent de relancer l'économie par l'investissement.  Aussi, on lance des programmes: l'assurance-chômage, le bien-être social, les pensions.   Les provinces étant incapables de subvenir à toutes ces nouvelles dépenses, le Fédéral leur vient alors en aide.  Est alors commandée la Commission Royale d'enquête entre le Dominion et les provinces.  Ce dit rapport recommande une plus grande centralisation des pouvoirs à Ottawa.  L'objection des provinces oblige le Fédéral à faire volte-face dans ses projets.

    À l'approche de la deuxième Guerre Mondiale, le budget fédéral à la Défense se voit considérablement augmenté.  Le Québec demandant la neutralité dans ce conflit; l'enrôlement est volontaire contrairement à la première Guerre Mondiale.   Toutefois, les prévisions de l'Armée indiquent un manque de soldats au rythme où va la guerre.  Pressé de toutes parts, le Premier ministre,  John Mackenzie King, décrète en 1944 la conscription de 16000 soldats.  Le Québec ne tarde pas à s'insurger et des élections anticipées sont déclarées.  Maurice Duplessis est réélu malgré une minorité au chapitre des suffrages.

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John Mackenzie King

    Les ressources humaines en constante diminution favorisent l'insertion des femmes dans l'Armée.   Au total 50 000 d'entre elles travaillent à différents niveaux pendant la guerre.  Il est toutefois à noter qu'elles ne reçoivent que 80% du salaire d'un homme occupant le même poste.  Aussi, 50 000 femmes passent du travail de domestique à celui de l'usine.  Cette mentalité perd son souffle et la gent féminine tend à disparaître du marché du travail après la Guerre.

    Bref, la Guerre aura coûté 18 MM$ au Canada et entraîné une dette de 13 MM$.   Concrètement, le Québec aura, quant à lui, accumulé un déficit de 2 MM$ durant la même période.  Taxes après surtaxes le gouvernement contrôlera par la suite la consommation et le quotidien de l'Après-Guerre.

    Malgré tout, l'éternel débat subsiste toujours entre Ottawa et ses provinces, le Québec en particulier.  Celui-ci réclamant l'autonomie qui lui est due, celle stipulée dans la Constitution, et son pouvoir de taxation.  Celui-là propose l'État-Providence.

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