Le Québec...

Une odyssée de 1608 à 2000

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La Révolution tranquille...et après

    La mort du nationaliste Maurice Duplessis en 1959 donne droit à une course effréné vers le pouvoir, désormais vacant. Le parti libéral, alors mené par Jean Lesage, repose sur des bases solides. La population, de plus en plus éduquée et informée par le biais, entre autres, de la télévision, demande du changement. Le successeur de Duplessis, Paul Sauvé, y va de plusieurs réformes mais s'éteint subitement, 4 mois après son entrée en poste, en janvier 1960. Aux élections qui suivent, les libéraux l'emportent et une grande modernisation est prévisible.

    On assiste à un changement idéologique important. En effet, l'État devient le moteur de la relance économique. On note concrètement une hausse de 50% quant au nombre de députés. Une multitude d'organismes, tels le Conseil d'orientation économique et la Caisse de dépots et de placements naissent. La nationalisation de l'électricité, en 1963, est aussi à signaler. Une nouvelle classe sociale est formée. Elle est constituée d'hommes d'affaires canadiens français.

    Du côté scolaire, on crée, en 1964, le Ministère de l'Éducation. Ce dernier rationalise le système en entier par la modernisation des programmes, on exige des enseignants une plus grande qualification, on établit la gratuité scolaire jusqu'au secondaire et on étend jusqu'à 16 ans l'âge de fréquentation minimum obligatoire.

    Pour ce qui est des services sociaux, on met sur pied, en 1961, l'assurance-hospitalisation et en 1970, l'assurance-maladie. Aussi, soulignons la création du régime des rentes 6 ans auparavant. Bref, ces nouveaux organismes issus de cette nouvelle façon de gérer apporte au Québec une réelle prospérité économique. Une prospérité tangible qui fait état d'un mieux-vivre ressentis par l'ensemble de la population. De fait, si on la compare à celle des autres pays industrialisés, la croissance du PIB (produit intérieur brut) québécois se situe légèrement au-dessus de la moyenne, se chiffrant à 4,4% par année.

    Toutefois, le Québec demeure, comme par le passé, vulnérable au commerce ontarien. En effet, les matières premières provenant du Québec, et la concurrence se faisant vive dans ce domaine, les entreprises se doivent d'ajuster à la baisse leurs tarifs- ce qui entraîne une baisse des salaires- afin de satisfaire le marché ontarien de la production de produits finis.

    Les prochaines lignes tenteront de synthétiser la progression souverainiste, tant sous sa facette démocratique que terroriste, sur une période de 40 ans.

    De 1957 à 1964, trois partis politiques dégageant une tendance souverainiste voient le jour. L'Alliance Laurentienne (AL), le Ralliement Indépendantiste Nationaliste (RIN) et le Ralliement National(RN) sont fondés respectivement en 1957, 1961 et 1964.

    Parallèlement, spécifions l'apparition du Front de Libération Québécois (FLQ) en 1963. D'ailleurs, en 1964 et 1965, des bombes sont placés sous tout ce qui porte un symbole britannique.

    1966 marque le retour au pouvoir de l'Union nationale avec à sa tête, Daniel Johnson. Un an plus tard, l'année où le général de Gaulle a lancé sa désormais célèbre phrase, René Lévesque quitte les libéraux et fonde le Mouvement Souverainiste-Association (MSA). Cependant, ce mouvement est bien éphémère puisqu'il s'allie au RIN et à l'AL en 1968 pour former le Parti québécois. La même année, Daniel Johnson s'éteint. Son nom est d'ailleurs donné à la plus grande construction entièrement québécoise inaugurée la même année, le barrage Manic V.

    En 1970, suite à l'enlèvement de James Cross, un représentant britannique, et de Pierre Laporte, le ministre du travail, par le FLQ, Pierre-Elliot Trudeau, Premier ministre du Canada depuis 1968, déclenche la Loi sur les mesures de guerre. Ces dernières dureront 2 mois et demi et mèneront finalement à l'assassinat de Laporte et à la fin du FLQ.

    Ces événements sont mieux connus aujourd'hui sous le nom de «Crise d'octobre». Ils ont bouleversé le Québec en entier. Les causes y ayant conduit sont facilement explicables. En effet, les 3 facteurs susceptibles d'influencer la société (politique, économie, social) étaient perturbés. Du côté économique, on notait une domination canadienne anglaise menaçante. Le voeu d'un Québec souverain en croissance alimentait le feu qui brûlait déjà et la pauvreté qui atteignait une bonne partie de la population aidait à soulever l'ire des contribuables.

    Suivent par la suite moult accords qui n'ont point vu le jour. On n'a qu'à penser à celui de Victoria qui s'est soldé par un échec vu le changement de décision de Robert Bourassa, ou à l'accord du Lac Meech ou de Charlottetown; sans l'appui à ses ententes, ententes qui aurait signifier une acception de la loi constitutionnelle de 1982, on peut conclure que le Québec, à l'heure actuelle, ne fait toujours pas partie, théoriquement, du Canada.

    Une erreur nous commettrions si, par mégarde, nous omettions de spécifier les résultats des 2 référendums sur la souveraineté et les causes qui ont mené à ces échecs, subjectivement parlant. Tout d'abord, en 1980, le référendum ne porte pas directement sur la souveraineté. En effet, on demande de négocier avec Ottawa en vue d'une souveraineté-association pour, à la suite de ces dites négociations, y aller d'un autre référendum. Le resultat montrant 60% en faveur du «non», les négociations n'ont pas lieu. Puis, en 1995, un second référendum, alors que le Parti québécois est au pouvoir, se tient. Les résultats, beaucoup plus serrés, avantagent encore le «non». Suite à cette défaite, Jacques Parizeau donne sa démission.

    Bien que cette analyse basée essentiellement sur la description ne soit qu'un bref aperçu de la totalité des événements passés de 1960 à 2000, nous jugeons opportun de clore sur cette note, note qui laisse place à une subjectivité, à notre avis, nécessaire. En effet, il serait impertinent de juger de l'importance d'un fait récent sans pouvoir analyser les conséquences qui ont pu en découler à long terme. Cette attitude démontre une certaine fatalité, certes, mais elle laisse le Québec d'aujourd'hui agir à sa façon; une façon dont nous sommes tous témoins, jour après jour.

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