Le Québec...

Une odyssée de 1608 à 2000

Accueil

1608-1660

1660-1750

1750-1791

1791-1840

1840-1867

1867-1896

1895-1930

1930-1945

1945-1960

1960-2000

1945-1960

L'Après-Guerre ou La Grande Noirceur

    L'Après-Guerre signifie pour le Québec une relance économique marquée.  La demande sans cesse grandissante aux niveaux des appareils électriques, des voitures, des biens de consommation d'usage courant ainsi que du secteur automobile amène une plus grand production et, du même coup, une baisse du taux de chômage.   En effet, en dix ans (1946-1956), les emplois passent de 357 000 à 446 000.

    Aussi, la population montréalaise s'accroit très rapidement durant cette même période.  On note aussi une forte croissance dans le domaine des pâtes et papiers. Ces industries étant situées en région, on peut affirmer que l'économie est aussi stimulée hors des grandes villes.

    La hausse du secteur tertiaire (services) est un facteur de l'amélioration des conditions de vie.  De plus, il est important de souligner que le salaire moyen triple au Québec de 1939 à 1959.  Les années '50 marque aussi l'arrivée plus massive des femmes sur le marché du travail.   L'amélioration de ses conditions y compte sans doute pour beaucoup.

    Les décennies '40 et '50 connaîssent une hausse de 58% en ce qui à trait à la population québécoise.  En effet, on dénombre 2M de naissances au Québec.   L'amélioration des services médicaux, ces derniers gérés par l'Église, constitue un facteur à la diminution du taux de mortalité infantile.

    Dans un tout autre ordre d'idée, environ 400 000 immigrants débarquent au Québec.   La plupart viennent de l'Europe      occidentale. Malgré tout, le taux de Canadiens francais demeure à 80%.  Aussi étonnant que cela puisse paraître, les Canadiens anglais sont en majorité multi-ethniques, et non britanniques.

    Cette période marque la montée de la syndicalisation.  Cette dernière se manifeste plus particulièrement dans le secteur tertiaire.  Le pourcentage de syndiqués passe du 26,3% où il se situait en 1946 à 29,6% en 1960.  Ces statistiques sont applicables exclusivement à la main d'oeuvre.  Toutefois, les politiques de Duplessis sont plus en faveur de l'employeur et plusieurs conflits éclatent avec les chefs-ouvriers.  D'ailleurs, les nombreuses grèves qui jalonnent cette période mettent en relief la dualité idéologique qui oppose les 2 partis.  D'une part, le gouvernement, Maurice Duplessis en tête, prône le respect de l'ordre social. D'autre part, les organismes syndicaux mettent l'accent sur l'amélioration du sort des travailleurs.

    L'agriculture connaît une formidable modernisation. Bien que la population vivant de cette activité diminue de 9%, chutant à 11%, l'outillage et la machinerie utilisés sont grandement améliorés. Une des causes est sans aucun doute la baisse des taux d'intérêts accordée à ceux qui lancent des projets de modernisation. La loi sur l'électrification rurale en 1945 et la création de L'Office des marchés agricoles en 1956 contribuent aussi à l'essor du milieu.

    Cette ère de changements porte le Québec vers un état où le confort et les loisirs tendent à prendre une place de plus en plus   importante.  À cet effet, la semaine de travail s'échelonne désormais sur 5 jours répartis en 40 heures.  De plus, 4 ans après      l'apparition de la télévision, plus de la moitié des foyers en possédent une. C'est par ce phénomène que les médias de masse se développent.  La croissance de la banlieue, quant à elle, propulse le secteur automobile vers des sommets, jusque-là, jamais atteints.

    Bref, tous ces chiffres et données semblent placer le Québec sous des cieux plus que prometteurs.  Par contre, si on le compare à l'Ontario, une autre province industrialisée du Canada, le portrait est beaucoup moins flatteur.

    Tout d'abord, les salaires sont 27% moins élevés qu'en Ontario. Les routes et le réseau hydroélectrique montrent des carences inquiétantes, une pénurie d'écoles mène à une éducation déficiente et le système de santé manque nettement d'équipement et de ressources financières. Il est tout aussi alarmant de constater le rapport de la Commission Royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme qui fait état d'un salaire moins élevé chez les gens qui maîtrisent 2 langues, l'anglais et le français, que chez les monolingues anglais.

    L'Église, toujours aussi présente que par le passé, se remet en question à savoir si elle doit poursuivre la ligne autoritaire qu'elle exerçait auparavant.   La population en constante croissance, il devient difficile de contrôler autant qu'antérieurement; notamment en santé et en éducation.

    Depuis la Crise de 1929, le gouvernement canadien a su redresser ses politiques afin d'éviter pareilles erreurs.  En ce sens, en période difficile, le Fédéral n'hésite pas à plonger dans les déficits pour stimuler l'économie.  Ces politques interventionnistes sont blâmées par Maurice Duplessis.  Ce dernier mentionne que ce genre d'action brime l'initiative.  Pourtant, le Québec aurait grandement besoin de capitaux nouveaux. Toutefois, la mauvaise administration inadaptée aux réalités nouvelles conduit le Québec vers un cul-de-sac économique.  Par ailleurs, le Premier ministre du Québec refuse en 1951 une aide fédérale qui aurait subventionné les universités.  Clâmant à nouveau l'autonomie provinciale, il refuse le rapatriement des impôts à Ottawa.

    En résumé, L'Après-Guerre sous Duplessis a signifié une prospérité économique intéressante.  Bien qu'elle ait été revendiquée par le gouvernement, ce dernier n'en est point responsable. En effet, l'économie s'étant relancée par elle-même vu l'Apres-Guerre, il n'a eu qu'à constater l'ampleur de la progression.  Cette période a aussi amené une plus grande stabilité d'emploi, une hausse des salaires et des vacances payées.   Toutefois, on ne peut en dire autant des services sociaux qui ont sombré vers une dangereuse latence.

    En 1959, Maurice Duplessis s'éteint.  Aura-t-on droit à un rallye vers le pouvoir et à de nouveaux horizons offerts par les différents partis politiques en lutte?   Une chose est certaine, une ère de changement est à prévoir...

Page suivante

1